Le seben, musique congolaise
Étymologie
Le seben, déformation du mot seven, sept en anglais, désigne à la fois une danse et un rythme congolais.
Sous-genre de la rumba, il est apparu au début des années 1950. Son nom est une référence à l'accord de septième utilisé dans l'exécution de notes de guitare de manière récurrente.
Origines
Parmi les figures de proue de ce mouvement, on peut citer le groupe Zaiko Langa Langa au sein duquel ont joué les musiciens Félix Manuaku (l'un des plus anciens guitaristes du genre et toujours actif aujourd'hui) et Papa Wemba. Il a marqué la musique kinoise des années 1970.
Une chanson typique se construit en deux temps :
- La première partie traite du thème de la chanson sur un rythme de rumba classique
- La deuxième partie lance la chanson dans un air festif sur un enchaînement de seben
Exemple avec un titre de Zaiko Langa Langa (changement de rythme à 4 minutes 2 secondes) :
Les titres de seben sont régulièrement ponctués de paroles d'atalakus, des crieurs congolais qui scandent le nom des musiciens ou des personnalités pour animer la chanson et relancer le public.
Les formations musicales les plus courantes à l'époque se composaient de groupes de six à douze membres jouant avec des partitions (qu'on appelait "orchestre" du fait de leur nombre) ou de fanfares jouant de la musique de danse en plein air.
Par le passé, plusieurs instruments pouvaient constituer un orchestre :
- La guitare (élément rythmique principal)
- La basse
- La batterie et les percussions
- La clarinette, la flûte et autres bois
- La trompette, le saxophone et autres cuivres
- L'orgue, le piano et autres claviers
De nos jours
Aujourd'hui, beaucoup d'instruments ne sont plus joués dans le seben. Cependant, certains artistes mettent un point d'honneur à toujours en faire usage à travers leurs créations à l'instar de Ray Lema dans une expression musicale plus tournée vers le jazz.
Par ailleurs, on peut aussi citer le groupe de free jazz Electric Vocuhila issu du Caspul Collectif à Tours qui reprend le style traditionnel du seben avec l'usage notable du saxophone :
Les sonorités du seben peuvent se retrouver dans de nombreux titres d'artistes congolais de la nouvelle génération ou des diasporas africaines.
C'est le cas par exemple sur deux titres des artistes Gaël Faye (diaspora rwandaise) et Edgar Sekloka (diaspora camerounaise) :
Pour aller plus loin
En dehors des disques des artistes de la rumba congolaise (Franco Luambo, Tabu Ley Rochereau), du soukous (Samba Mapangala, Papa Wemba), du ndombolo (Awilo Longomba, Fally Ipupa) le seben reste présent de façon assez éparse dans la musique africaine ou afropéenne.
Toutefois, en clin d'œil à une musique qui a marqué leur parcours musical, on peut en entendre sur certains titres d'interprètes populaires.
Pour finir, voici une sélection de titres seben tels qu'ils sont joués aujourd'hui en particulier lors de fêtes congolaises.
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Congo Funk ! présente les multiples facettes des airs funky, hypnotiques et schizophréniques émanant des deux capitales congolaises nichées sur les rives du fleuve Congo. Sur sa rive sud, la ville de Kinshasa - capitale de la République démocratique du Congo, l'ancien Zaïre - est souvent considérée comme la Mecque musicale de l'Afrique. Mais la ville de Brazzaville, sur la rive nord du fleuve, capitale de la République du Congo, a joué un rôle tout aussi important dans la diffusion des sons congolais sur le continent. En plus de produire des groupes légendaires comme Les Bantous de la Capitale, ce sont les puissants émetteurs de Radio Brazzaville qui ont permis au groove inimitable de la rumba congolaise d'être entendu jusqu'à Nairobi, Yaoundé, Luanda et Lusaka. La prestation de James Brown sur le sol zaïrois à l'occasion du festival Zaïre 74 en 1974 a incité des centaines de musiciens en herbe à prendre leurs guitares électriques, pousser la reverb à fond, à la recherche d'un nouveau son dans lequel la rumba hyperactive était mélangée à des éléments de psyché et de funk. Si les résultats sont très différents de la musique populaire de Tabu Ley, Franco et Verckys, ils ne sont pas en rupture totale avec la tradition. C'est le début d'un âge d'or pour les labels indépendants congolais : Cover N°1, Mondenge, Editions Moninga, Super Contact. Ils ont préservé le travail de certains des meilleurs artistes de la région, tout en lançant une génération de jeunes musiciens sous les feux de la rampe. Congo Funk ! est l'histoire de ces sons et de ces labels, mais c'est surtout l'histoire de deux villes, séparées par l'eau mais unies par un groove indestructible. -
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