Corps célestes à la lisière du monde
Résumé
Islande, XVIIe siècle. Le révérend Pétur, un homme tourmenté précédé d'une réputation sulfureuse, écrit une longue lettre à une destinataire mystérieuse. Après des études à Copenhague et un séjour en Angleterre, il a été nommé à la paroisse de Brúnisandur dans les fjords de l'Ouest. A son arrivée, Pétur est accueilli par la servante Dóróthea, une femme à la mémoire prodigieuse et au caractère affirmé. Elle deviendra rapidement un soutien indéfectible face à l'adversité et dans son projet de relater les événements tragiques qui secouent l'île : le bailli Ari Magnússon - représentant de la couronne danoise - a décidé de s'attaquer aux pêcheurs espagnols échoués sur l'île après le naufrage de leurs bateaux, et Pétur tente d'empêcher le pire. Son récit oscille entre le passé et le présent, l'intime et le politique, et met en scène des personnages inoubliables - un capitaine anglais amoureux de l'Islande, la chienne Sappho, les pêcheurs espagnols Pedro et Sebastián, la mystérieuse Helga - pour raconter cette tragédie qui compte parmi les pages les plus sombres de l'histoire de l'Islande.
Notre avis
"La vie a la forme d'une étoile de mer, elle indique par conséquent toutes les directions."
Merveille d'introspection que ce très beau roman épistolaire, situé en Islande au XVIIe siècle, longue lettre écrite par Petur, révérend, à l'âme tourmentée et et à la réputation sulfureuse.
À partir d'un dramatique fait historique où les Islandais décidèrent de s'attaquer à des pêcheurs espagnols, échoués sur l'île après naufrage, Petur raconte son histoire en nous proposant de reconstituer le puzzle des faits, entre présent et passé, tiraillé entre sa foi, son devoir envers Dieu et le fait de devoir guider les hommes vers la Lumière et celui de se fourvoyer en fermant les yeux pour plaire au bailli, au Roi, à la population.
Et l'on ne sait la mystérieuse destinataire qu'à la dernière phrase du roman.
Exigeant, ce roman est de toute beauté, qui demande du temps libre, ou plutôt du temps de cerveau disponible. La traduction d'Éric Boury est magistrale.
Mêlant le lyrisme au politique, l'Histoire, la spiritualité et la philosophie, Jon Kalman Stefansson nous conte une effroyable tragédie humaine et un pan sombre de l'histoire de l'Islande mais aussi un merveilleux roman universel sur l'humanité.