De l'autre côté de la rivière
Résumé
Charles Lamosway a grandi sur une réserve indienne du Maine dont il est aujourd'hui séparé par un cours d'eau. C'est là que vit Elizabeth, sa fille, qui ignore qu'il est son père. La cinquantaine venue, Charles ressent l'urgence de se libérer de ce secret trop longtemps gardé. Elevé par une mère blanche et un beau-père autochtone, abîmé par la vie, hanté par la mort de son beau-père lors d'un accident de chasse, il se raccroche au seul lien qui lui donne l'impression d'exister. Tandis qu'il s'apprête à révéler la vérité à Elizabeth, la jeune femme disparaît mystérieusement, le plongeant dans une inquiétude plus grande encore. D'une écriture âpre et singulière, Morgan Talty raconte l'histoire d'une famille déchirée par le mensonge. Interrogeant les notions d'appartenance et d'identité, il leur oppose l'amour d'un père pour sa fille.
Notre avis
De l'autre côté de la rivière fait partie de ces textes dépouillés qui parviennent tout de même à transmettre beaucoup. Quand un homme à l'histoire familiale douloureuse fait le point de sa vie à 50 ans, cela soulève beaucoup de questions, de doutes, de constats difficiles. Pris dans un dilemme personnel et moral, il voudrait révéler à un lourd secret à la jeune femme qui habitude de l'autre côté de la rivière et qu'il voit grandir depuis sa terrasse depuis de longues années. Tout le monde lui déconseille. A côté de ça, il prend soin de mère vieillissante et de son seul ami empêtré dans l'addiction à l'alcool. En toile de fond, les conditions de vie dans une réserve indienne et l'identité communautaire qui se révèle parfois complexe, surtout en cas de métissage.
Le ton de cette histoire est assez mélancolique mais la réflexion soulevée est intense. Il y a quelque chose d'indéfinissable qui nous captive. La vie de Charles est simple, il ne se passe rien d'extraordinaire et pourtant son cheminement est passionnant. Ce premier roman recèle une ambiance et une écriture parfaitement maîtrisées.