La charge raciale : vertige d’un silence écrasant

Dibondo, Douce
Public :
Ados/Adultes
Lien vers l'oeuvre

Résumé

La créatrice du podcast Extimité démontre l'importance de prendre en considération les affects, les traumatismes et les blessures des personnes racisées pour penser l'antiracisme. Elle invite les chercheurs et militants de la question raciale à utiliser les outils d'analyse dans cette perspective.

Notre avis

Sorti en 2024 aux éditions Fayard, c’est en écoutant un des épisodes du podcast “Kiffe ta race” que j’entends l’entretien de cette jeune femme et la genèse de son texte. Quelques mois plus tard, je peux enfin lire son essai, et que dire : une véritable claque.

Née au Congo et n’ayant émigré qu’à l’adolescence en raison de la guerre civile, c’est en arrivant en France que Douce Dibondo prend conscience de sa couleur de peau. Des années plus tard, elle utilise cette expérience traumatisante pour parler au nom d’une communauté noire, aussi plurielle que diverse, et met le doigt sur un problème typiquement français : le déni de la race et du racisme, profondément ancré dans sa société. Dans son texte, elle expose et déconstruit des principes, toujours appuyée par une bibliographie très riche et précise.

Qu’est-ce qu’être noir en France en 2025 ?

Pourquoi est-il plus simple de reconnaître les violences vécues par les Afro-Américains de l’autre côté de l’Atlantique que celles des Caribéens et des Africains en France ?

Quelles sont les raisons et les racines de ce profond déni sociétal ?

En passant par la psychanalyse de cette charge raciale et surtout en la théorisant, elle met en lumière les cicatrices de l'esclavagisme et de la colonisation. Elle met en avant tous les procédés et stratégies invisibles mis en place par les personnes noires pour éviter le racisme au quotidien. Douce Dibondo parvient, en 260 pages, à donner la parole aux voix inaudibles de notre société tout en partageant l’art, la littérature et la musique des peuples caribéens et africains (francophones) pour mettre en lumière leurs identités spécifiques et diverses.

Dans ce texte poétique et complexe, l’autrice remet au centre de sa réflexion la Noirité (la Blackness en anglais, également un mouvement afro-américain) et s’inscrit habilement aux côtés des penseuses afropéennes.