La vie est belle
Résumé
Après le décès de son père, George Bailey est contraint de reprendre l'entreprise familiale de prêts à la construction et d'abandonner ainsi ses grands rêves. Entrant alors en conflit avec Potter, l'homme le plus puissant de la ville, il ne cesse de se battre pour venir en aide aux déshérités. Un Noël, George est au bord du suicide quand l'ange Clarence apparaît, ce dernier lui montrera le bien que le pauvre héros déploie sur les gens qui l'entourent...
Notre avis
Revenu à Hollywood après quatre ans de travail sur la série Pourquoi nous combattons initiée par le ministère de la guerre, Frank Capra, cinéaste humaniste, signe un magnifique retour au cinéma avec ce conte de Noël devenu un classique.
Afin de s'émanciper des studios, Capra crée en 1945 la compagnie indépendante Liberty Films. Saisi par le doute face aux désillusions de l'après-guerre, le réalisateur veut croire aux valeurs de solidarité, au combat pour un idéal. Pour cela, il réalise un film réaliste sur les capacités des êtres humains à se relever malgré les épreuves.
Dans La vie est belle, le suicide, déjà évoqué par Capra dans L'homme de la rue (1941) et ici montré clairement et le pessimisme est de rigueur. George Bailey est un homme altruiste voué aux sacrifices, allant de renoncements en dévouements. Le personnage d'Henry Potter est quant à lui la parfaite incarnation du capitaliste qui n'a que faire des petites gens. Ainsi, l'idéal américain se trouve déconstruit par Capra et La vie est belle est baigné dans l'atmosphère de l'entre-deux-guerres et de la crise économique.
Malgré tout, ce film dont la noirceur est évidente se trouve porté par un souffle optimiste. L'apparition de l'ange permet d'offrir une réflexion sur le sens de la vie. Et là où réside la magie de Frank Capra, c'est qu'il réussit à concilier drame et comédie, romanesque et fantastique, cupidité et bonté.
Pour ce qui est du casting, il n'y a rien à redire. James Stewart, qui avait déjà incarné l’intégrité et l’humanité dans deux films de Capra et une fois de plus excellent. Lionel Barrymore est parfait dans le rôle de Potter. Donna Reed donne au personnage de Mary Hatch Bailey la douceur requise. Quant à Henry travers, il offre un caractère humain et touchant à cet ange inattendu qu'est Clarence.
La fin heureuse et lumineuse arrive comme un enchantement et, dénuée de toute mièvrerie, elle ajoute au bonheur que nous avait procuré le film jusqu'ici.
Si le film a été moyennement accueilli lors de sa sortie, il est aujourd'hui considéré à juste titre comme un jalon de l'histoire du cinéma. Et s'il est devenu universel, c'est peut-être parce que
La vie est belle est un film qui croit en l'homme et à la solidarité.