Ton cadavre exquis

Quantin, Marion
Public :
Adultes
Lien vers l'oeuvre

Résumé

Il faut comprendre que tout puait la mort. Tout puait tellement la mort chez mon père que j'ai commencé à écrire sur son cadavre de son vivant. Le soir, pour me soulager de son lent suicide par l'alcool, pour ne pas devenir plus violente que je ne l'étais déjà avec lui, et moi-même, par une sordide et ordinaire impuissance, je prenais mon stylo et je le tuais. Et puis, il est mort. Pour de vrai. Et je n'ai plus écrit. Le soulagement de ne plus devoir supporter cette laideur n'a pourtant pas suffi. Il fallait remettre de la beauté là où tout avait été sali. Et c'est comme ça qu'un jour, je suis devenue thanatopractrice.

Notre avis

Avec Ton cadavre exquis, Marion Quantin signe un premier roman à la fois audacieux et marquant. 

Porté par une belle écriture, juste et singulière, le texte explore avec finesse les liens familiaux abîmés par l’addiction, sans jamais céder au pathos ni à la facilité. La manière dont la mort est abordée, à travers les gestes de la thanatopraxie, impressionne par sa précision : le corps en tant qu'enveloppe est montré sans détour, mais toujours avec une forme de respect qui contrecarre tout voyeurisme. 

Ce regard concret, presque technique, donne au récit une force particulière et nourrit une réflexion sensible sur la mémoire, sur ce qui reste et sur ce que l’on choisit de laisser partir. 

Un roman fort, parfois éprouvant, mais d’une grande maîtrise, qui bouscule autant qu’il touche. 

Marion Quantin est indéniablement une autrice à suivre à l'avenir !