Tuer le vieux

Marx, Daria
Public :
Ados/Adultes
Lien vers l'oeuvre

Résumé

"C'est comme si j'avais encore 8 ans dans les yeux des gens, comme si être victime et l'assumer me condamnait au rôle de statue commémorative, on l'admire de loin les premières années, et puis les chiens pissent dessus sans que ça dérange, c'était y a longtemps tout ça. Mon corps comme un monument aux morts d'une petite ville de province, sommé de se faire beau pour les grandes occasions, pour témoigner, pour porter la cause, mais globalement oublié, envahi par la mousse, mausolée. Je refuse la tombe, pour moi, pour la petite fille, pour toutes les autres". Elle avait rendez-vous aujourd'hui pour porter plainte contre son grand-père, qui l'a agressée sexuellement durant son enfance, mais il vient d'être annulé. Alors elle décide d'aller tuer le vieux, là, tout de suite. Dans ce train vers le Pays basque, elle échafaude son plan : quand elle sera de nouveau face au vieux, qu'arrivera-t-elle à dire ? Et surtout, à faire ? Avec une écriture qui tempête et cavale, ce premier roman déplie, en une journée, tout un voyage intérieur et physique tendu jusqu'à son dénouement.

Notre avis

Dans un texte qui parvient à être aussi percutant en si peu de pages, l’autrice dévoile l’inceste commis par son grand-père à son encontre, tout en mettant en lumière ce que notre société refuse : l’envie sanguinaire de revanche, balayant l’utopie du pardon. Elle évoque aussi le rapport au corps, à la nourriture et à la sexualité comme champs de bataille, des lieux où le traumatisme se rejoue encore et encore. Dans cette plume forte, on retrouve une poésie au cœur de l’horreur. Un premier roman très prometteur.