L'anniversaire

Bajani, Andrea (1975-....)
Public :
Ados/Adultes
Lien vers l'oeuvre

Résumé

"Tu reviendras nous voir ? " Dix ans après avoir définitivement tourné le dos à ses parents, un homme peut enfin raconter les raisons de cette rupture. Sans accuser ni absoudre, il ausculte avec une saisissante précision les dynamiques d'un foyer rongé par une autorité paternelle toute-puissante. Dans ce huis clos feutré, où la violence s'insinue sans éclats, les mots sont des dagues enfoncées dans la chair, et l'emprise est pavée de bonnes intentions. Roman d'une libération, L'anniversaire dessine les contours d'un enfer domestique dont seul un geste radical peut permettre de se sauver.

Notre avis

Avec L’anniversaire, Andrea Bajani signe un récit à la fois clinique et bouleversant. La distance qu’il maintient avec son sujet n’ôte rien à la puissance littéraire qui traverse les pages, ni à la charge émotionnelle du propos. C’est ainsi que nous sommes captés dès les premières lignes.


Le narrateur a mis dix ans pour trouver les mots et les retranscrire en forme d’introspection menée comme une psychanalyse. Avec une écriture posée, précise, presque chirurgicale, il remonte le fil du passé pour comprendre ce qui l’a conduit à rompre, dix ans plus tôt, avec ses parents. Peu à peu, se dessine le récit d’une emprise : celle d’un mari sur son épouse, d’un père sur une mère.


De manière insidieuse, la femme s’efface jusqu’à devenir « l’épouse idéale », conforme au désir de possession de son mari. Jeune fille pourtant promise à un avenir plus libre, entamant des études supérieures qui auraient pu lui permettre de s’émanciper, elle voit progressivement cet horizon se refermer. Cette atmosphère étouffante contamine aussi les enfants, en particulier le narrateur. Tenu à distance, comme s’il racontait la vie d’un autre, il dévoile avec une froide lucidité la violence contenue du cocon familial. Cette tension entre détachement et douleur crée un effet presque hypnotique : le lecteur, happé par la précision du style, se retrouve à son tour pris dans le vertige que provoque cette exploration du passé.


Une grande réussite, tant par la finesse de l’écriture que par la profondeur du regard.