Les exilés romantiques
Résumé
Une fourgonnette, l’été devant soi et une envie de dévorer des kilomètres... soit les parfaits ingrédients d’un road movie alternatif entrepris par trois amis trentenaires en mal d’aventure. Sur fond de musique folk signée Tulsa, le trio s’arrête à Paris, Toulouse et Annecy, à la recherche d’amours éphémères et idylliques. En quête d’eux-mêmes.
Notre avis
Luis, Vito et Francesco prennent la route à bord de leur fourgonnette afin de relier Madrid à Paris dans ce road movie attachant. Avec ce film assez court, Jonas Trueba explore le sentiment amoureux à travers ses trois personnages et nous rend témoins de leur difficulté à entrer dans le monde adulte, à s’engager, à faire des choix.
Fidèle à son style délicat et contemplatif, Trueba filme la jeunesse avec spontanéité. Les dialogues, souvent légers et teintés d’humour, traduisent cette insouciance propre à un âge où l’on se cherche encore. Mais derrière cette apparente légèreté se cache une véritable mélancolie, celle d’une génération qui, tout en parlant beaucoup d’amour, peine à le vivre pleinement.
Des rencontres vont ponctuer la virée des trois amis durant laquelle nous faisons la connaissance de Renatta, d’Isabelle et de Vahina, amours perdues, réelles, espérées. Ces figures féminines fonctionnent comme des miroirs du désir, des projections autant que des présences réelles, donnant au récit une tonalité à la fois romantique et rêveuse. Le film devient ainsi une sorte de journal de bord sentimental, où le trajet géographique se double d’un voyage intérieur.
C’est donc le but de leur périple, partir à la recherche de l’amour sous la forme d’une épopée douce et modeste. Tout cela se terminera sous le signe de l’amitié, lors d’une scène de baignade dans le lac d’Annecy, moment suspendu qui résume parfaitement la poésie de Trueba qui aime montrer la vie comme une succession d’instants fugitifs, fragiles, mais intensément vécus.