David Hockney (1937-2026)
Souviens-toi, rien ne peut effacer le printemps.
Le monde de l'art est de nouveau en deuil après la perte d'un des plus célèbres peintres britanniques contemporains. David Hockney est décédé le 11 Juin à 88 ans. Il avait rejoint son pays natal en 2023 après s'être installé quelques années en Normandie, à Beuvron-en-Auge.
Dans cette commune, désignée comme l'une des plus belles de France, il a d'ailleurs peint quelques paysages au fil des saisons, notamment à l'aide d'un I-Pad lorsqu'il fallut s'occuper en plein confinement. Les habitants de la région gardent de sa présence un souvenir ému, le peintre anglais s'étant très bien accoutumé aux habitudes locales.
Né à Bradford (Yorkshire) dans une famille modeste, il est le quatrième sur cinq enfants.
Dès onze ans, il s'intéresse à la peinture, certainement influencé par son père qui a du renoncer à l'école des Beaux-arts. Celui-ci fut objecteur de conscience pendant la guerre. Le jeune David est diplômé de la Royal College of Art de Londres en 1962.
Il commence sa carrière comme dessinateur de presse pour le Sunday Times en effectuant un voyage en Egypte. En 1964, il découvre la Californie et ses couleurs vives, la photo instantanée, le bleu hypnotisant des piscines qui donneront lieu à une série de toiles-signatures. Il prend aussi goût à la liberté américaine, l'anglais déjà fantasque et homosexuel assumé y rencontre son amant Peter Schlesinger que l'on verra dans beaucoup de tableaux. Le jeune homme excentrique à la créativité débridée s'épanouira en fuyant le conservatisme britannique.

La force des tableaux de Hockney est la reconnaissance immédiate qu'ils génèrent. D'un style figuratif plutôt original pour l'époque, avec des couleurs acryliques presque saturées, représentant souvent une scène extérieure, ses toiles nous plongent brusquement dans le sujet représenté. Artiste productif et aimant expérimenter, il dévoile au fil de sa carrière différentes facettes.
Se montrant par exemple très sensible quand il peint ses propres parents dans leur salon, il se saisit comme toujours d'une apparente banalité et d'un dépouillement évident pour se concentrer sur l'essentiel :

Avec ce portrait à peine plus travaillé il représente un couple (Mr and Mrs Clark Percy) ancré dans son époque (1970) :
Mais pour beaucoup, Hockney c'est surtout cette drôle d'attirance pour les piscines.
Celui qui a grandit dans la grisaille anglaise est fasciné par la lumière californienne et par le bleu puissant de ces bassins d'agrément que les riches américains affectionnent particulièrement pour leur confort et surtout pour asseoir leur position sociale. Tombé amoureux des piscines lors d'un vol Londres-Los Angeles, elles deviendront une obsession. Qui aurait cru qu'elles pouvaient être un sujet d'art si beau ?
Portrait of an artist (Pool with two figures) est le tableau d'un artiste vivant le plus cher jamais vendu : près de 90 millions de dollars en 2018 ! Cette œuvre iconique de 1972 où un homme penché vers un bassin regarde un nageur immergé face aux montagnes verdoyantes sera l'un des immenses succès du peintre et surtout celle qui marquera le plus les spectateurs.
Révélant en 2009 qu'il voyait dans cette fabrication purement humaine le symbole socio-économique du rêve américain, il constatait la différence de perception avec son pays natal. Ce qui révèle d'un véritable luxe au Royaume-Uni n'est ici qu'un équipement presque nécessaire. Son héritage modeste a certainement influencé sa posture d'artiste.
Lié à l'expressionnisme (comme son contemporain Francis Bacon) et au pop-art, Hockney se montrera humble toute sa vie, minimisant son talent et la portée de son succès : "mon art n'est pas aussi bon que certaines personnes le pensent" a t-il déclaré. Malgré ses excellentes ventes, il privilégie toujours une communication subtile sur ses nouvelles œuvres, nulles déclaration choc ou performance médiatique. Discret mais accessible disposé à dialoguer sur l'art, il a notamment contribué à Conversations avec David Hockney où Martin Gayford dresse sa biographie et le pousse à partager son avis sur Picasso, Vermeer ou encore Henri Cartier-Bresson.
L'absence de profondeur et de perspective de ses toiles dissimulent une recherche de sens bien plus poussée qu'il n'y paraît. Une esthétique épurée et sans effets qui peut sembler superficielles pour certains mais qui traduit le regard franc et un peu naïf de David Hockney sur le monde et l'époque. Ses motifs mystérieux mais simples à appréhender ont contribué à la popularité du plus célèbre peintre anglais. Les messages codés, les non-dits, l'introversion des images en disent beaucoup plus quand on s'intéresse à la vie de l'artiste et à sa pensée.
D'ailleurs, la surface plane de l'eau est régulièrement brisée par un plongeon, une vague ou une brasse. Prétexte pour parler de la profondeur cachée (être homosexuel dans les USA des années 60 n'était pas chose aisée, même dans le milieu artistique), c'est aussi une image pour représenter les conventions brisées. Transparence, dissimilation, éclaboussures...l'eau est l'élément idéal pour parler des corps, qu'ils soient solitaires, amis, amants.

Si David Hockey fait preuve d'une grande attention aux paysages et espaces extérieurs (surtout à la fin de sa carrière), les corps sont aussi très présents : longilignes, tout en tensions ou au contraire détendus. Subtilement érotiques, ils sont toujours traités avec un immense respect et une émotion contenue.
La reconnaissance accordée à Hockney va au-delà des amateurs d'art. Bien qu'anti-establishment et représentant des artistes néo-bohèmes, les institutions lui font confiance. Il peindra l'affiche des J.o de Los Angeles en 1972 :
Et la Royal Opera House de Londres commande un portrait de son directeur (de 1945 à 1970), David Webster. Une œuvre élégante, lumineuse et originale revendue à 14 millions d'euros pour renflouer les caisses de l'institution.

Dès 1974, le Musée des arts décoratifs de Paris lui consacre une rétrospective. Puis ce sera le Centre Georges Pompidou et plus récemment la Fondation Louis Vuitton. Entre-temps, Hockney continue d'expérimenter les techniques (aquarelle, photo, art numérique) et il revient dans son Angleterre natale. Elizabeth II le nomme en 2012 membre de l'Ordre du mérite britannique.

Aimant jouer ironiquement des apparences, l'anglais aux lunettes rondes nous a heureusement légué toute une réflexion sur l'art. Il nous a fait aimer l'excès de couleurs, une sorte de faux kitsch artistique et fait ressentir une époque vibrante : le Swinging-London des Sixties et le libéralisme américain des Seventies.
Comme beaucoup d'artistes, Hockney a révélé sa palette au fil des années. Nous vous proposons de redécouvrir son œuvre car il y a forcément une toile que vous ne connaissez pas encore mais qui vaut d'être connue !
Good-bye Mister Hockney...
- Un fascinant mélange de fiction et de documentaire qui nous emmène dans l'univers de David Hockney, figure de la scène arty des années 70 et 80. Avec ses amis, jouant leurs propres rôles, nous revivons un épisode emblématique : la rupture bien réelle d'avec son modèle-amant et la gestation douloureuse d'une toile. Langues : Eng / Sous-titres: Fre
- Dans cet ouvrage remarquable, les idées, les anecdotes, les passions et l'humour de Hockney élaborent son point de vue sur les problématiques et les paradoxes de la représentation d'un monde en trois dimensions sur une surface plane. Hockney suggère que dessiner apprend à regarder et que plus on dessine, mieux on y voit . Quels sont les liens qui unissent les images que nous fabriquons à la réalité qui nous entoure Comment l'évolution des technologies a-t-elle affecté la manière dont les artistes représentent le monde Et comment apprécier à sa juste valeur le plaisir simple de contempler des arbres, des visages ou des couchers de soleil Nos deux interlocuteurs ponctuent leur conversation d'observations éclairantes sur nombre d'autres artistes comme Van Gogh ou Vermeer, le Caravage, Monet ou Picasso, et formulent des remarques lumineuses sur le contraste frappant entre les paysages de la Californie, où Hockney a passé tant d'années, et du Yorkshire, la région de son enfance où il vit à nouveau aujourd'hui. Quelques-uns des artistes qu'il a rencontrés en chemin, notamment Henri Cartier-Bresson et Billy Wilder, font des apparitions intéressantes au détour du dialogue. Autoportrait unique et fascinant de l'un des artistes britanniques les plus célèbres et les plus influents de son temps, Conversations avec David Hockney deviendra sans nul doute un ouvrage de référence sur la nature de la création.
- Portrait d'un artiste peintre et photographe qui s'est lancé dans la peinture figurative à contre-courant des mouvements contemporains. Langue : français
- Depuis les années 1960, ses tableaux ont façonné la vision contemporaine des paysages californiens, de leur lumière spécifique et de leurs piscines. Chez les amateurs d'art contemporain, son nom sonne comme une promesse : plus de lumière, plus de couleurs, plus de style. A l'occasion des 80 ans du peintre, la Tate Britain lui a consacré une grande rétrospective, imitée, par le Centre Pompidou. Ce documentaire raconte la quête existentielle d'un artiste qui, en immortalisant le quotidien le plus banal, tente de trouver le sens de la vie moderne.
- A l'occasion de l'exposition au Centre Pompidou, retour sur la carrière et l'oeuvre de David Hockney, l'un des peintres britanniques vivants les plus connus, figure influente du pop art des années 1960. ©Electre 2017
- A partir du 28 janvier le musée Granet d'Aix-en-Provence exposera des oeuvres de David Hockney provenant de la Tate Modern. David Hockney est un peintre portraitiste et paysagiste ainsi qu'un photographe britannique. Cette figure majeure du mouvement pop art et de l'hyperréalisme est également l'un des artistes britannique les plus influents du XXe siècle.
- D. Hockney a participé au bouleversement de l'art du portrait traditionnel. L'ouvrage présente quelques-unes de ses oeuvres, dont les sujets sont plus ou moins connus : des personnalités telles qu'Andy Warhol et Christopher Isherwood, ou encore des amis de longue date. Ces peintures racontent aussi ses relations avec sa famille, ses amis et ses amants.
- Depuis plus de soixante ans, la vaste production de David Hockney est marquée par son insatiable curiosité pour les nouveaux médiums et les méthodes artistiques innovantes. Partisan de la première heure de l'iPad, il déploie désormais une telle virtuosité sur cette tablette qu'aucun sujet ne lui échappe. Des rameaux hivernaux dépouillés aux branches chargées de fleurs diaphanes, il a réussi à saisir le miracle annuel du renouveau printanier dans son jardin d'un hectare et demi au coeur de la Normandie. La coïncidence temporelle avec la première vague de la pandémie de Covid en 2020 confère à cette succession d'images flamboyantes et hautes en couleurs une signification saisissante.
- Pour les 80 ans de l'artiste britannique, une rétrospective sur l'ensemble de son travail, présentée sous l'angle de la création artistique comme acte de partage, conception chère à David Hockney.
- Depuis les années 1960, ses tableaux ont façonné la vision contemporaine des paysages californiens, de leur lumière spécifique et de leurs piscines. Chez les amateurs d'art contemporain, son nom sonne comme une promesse : plus de lumière, plus de couleurs, plus de style. A l'occasion des 80 ans du peintre, la Tate Britain lui a consacré une grande rétrospective, imitée, par le Centre Pompidou. Ce documentaire raconte la quête existentielle d'un artiste qui, en immortalisant le quotidien le plus banal, tente de trouver le sens de la vie moderne.
- La présentation de 325 oeuvres dont 277 en couleurs (peintures, pastels, dessins, gravures ou photographies) sélectionnées et commentées par l'artiste. Après avoir débuté par l'art abstrait, le peintre découvre le pop art, sa technique en à-plats et ses couleurs vives. Electre 2017
- Contrairement à la plupart de convertis, David Hockley est né chrétien. Chrétien protestant. Or, de tous les chrétiens, les protestants sont peut-être ceux qui connaissent le mieux l'Ancien et le Nouveau Testament. L'auteur est donc venu à se convertir à la foi catholique par la lecture et la réflexion. Par amour aussi pour la Sainte Vierge qui n'a pas, comme chacun sait, toute sa place dans la théologie protestante. La parole s'est faite chair impressionne surtout par la profondeur de sa vision de la foi, par son approche intime des dogmes et des enseignements de l'Eglise. Grâce à ce livre qui dépasse à bien des égards les limites du témoignage pur, bien des catholiques redécouvriront les beautés intenses de ce qu'ils tiennent pour normal.
- Dans le cadre de la Biennale des Arts Nice, le musée Matisse de Nice présente un dialogue inédit entre David Hockney et Henri Matisse ayant pour point de départ la nouvelle série des Fresh Flowers - encore jamais montrées au public - de l'artiste britannique. En effet, ses dessins sur palette graphique rejoignent l'approche de Matisse qui cherche toujours à restituer, en dehors du seul aspect visuel, le principe végétal de la plante : sa floraison. Au-delà, le texte de Claudine Grammont, directrice du musée Matisse de Nice, s'attache à montrer comment ces deux géants des XXe etXXIe siècles racontent la modernité en s'appropriant les mêmes codes, les mêmes signes et entrent en résonnance dans leurs recherches et préoccupations formelles.
- Une approche transversale et non séquentielle de l'histoire des images appréhendée par l'artiste et le critique d'art britanniques. Elle interroge le contenu et la fidélité au réel des images, depuis l'art le plus ancien, au travers de passerelles inattendues entre disciplines, de l'animation Disney à l'estampe japonaise, de la peinture de Vélasquez au cinéma d'Eisenstein.
- Une approche transversale et non séquentielle de l'histoire des images interrogeant le contenu et la fidélité au réel des images, depuis les représentations pariétales préhistoriques jusqu'aux créations numériques. Une adaptation pour les plus jeunes sous la forme d'un dialogue entre l'artiste et le critique d'art.
- La vie de l'artiste contemporain, de sa découverte des Etats-Unis à 24 ans et ses peintures de la Californie jusqu'à ses années de vieillesse en Angleterre en passant par ses conflits avec les milieux de l'art, ses chagrins d'amour et son désir de liberté.