Kavinsky a quitté la route

DJ, producteur et acteur né en 1975, Kanvisky, nom de scène de Vincent Belorgey, était un acteur de la French Touch, mouvement qui, depuis les années 90 est le représentant de la House française. Nourrit au funk et au disco, des groupes comme St Germain, Daft Punk, puis Cassius, Alex Gopher entre autres, participent à l’essor du courant. Celui-ci a connu une baisse de régime avant de se réinventer au milieu des années 2000 avec l’avènement d’artistes grand public comme David Guetta, Martin Solveig et Bob Sinclar, ou d’auteurs indépendants portés par le label Ed Banger, et son fondateur Pedro Winter, tels que Justice, DJ Mehdi ou SebastiAn. La génération suivante, qui apparait dans les années 2010 se nomme Yuksek et Kavinsky.
Kavinsky commence sa carrière dès les années 2000 avec des EPs édités par le label Record Maker. Ce sera Teddy Boy en 2006, puis 1986 et Your Way or Mine ? / Grand Canyon (avec DJ Mehdi) en 2007, Blazer (2009) et enfin Nightcall en 2010.


Ce dernier, produit par Guy-Manuel de Homem-Christo et chanté par Lovefoxxx (CSS) arrive aux oreilles du réalisateur Nicolas Winding Refn. Il en fera un titre de la bande originale de son film Drive et cette opportunité va propulser Kavinsky sous les projecteurs. Le titre sera repris avec Angèle et Phoenix lors de la cérémonie de clôture des Jeux olympique de Paris 2024.

Après le succès du film Drive, Kavinsky peut se lancer dans la production d’un premier album concept, inspiré par un jeu vidéo Ce sera OutRun (2013). Il conte l'histoire de Kavinsky, un jeune homme qui s'est tué en Ferrari Testarossa en 1986 et qui réapparaît en zombie producteur de musique en 2006. Ce disque contient certains de des anciens succès de Kavinsky dont le single Nightcall. OutRun, avec ses interludes contés, ses sons secs et percutants, des tubes tels que ProtoVision, Odd Look, chanté par la voix robotique de SebastiAn (et reprise par The Weeknd pour son album Kiss Land), le saisissant Roadgame, et bien sûr Nightcall, a su s'imposer comme un album de son époque.

En 2022 sort son second album, soit neuf ans après OutRun.
Après le succès soudain de Nightcall, je n'avais plus vraiment envie d'enregistrer à nouveau. J'ai pris du recul et j'ai commencé à imaginer ce que j'allais enregistrer par la suite, à mon rythme. La pause a permis aux gens de m'oublier un peu pour que lorsque je me sentirais prêt à revenir, je puisse peut-être essayer de nouvelles choses.
Plus aboutit, plus cohérent, Reborn, toujours porté par une ambiance rétro futuriste, le disque qui arbore une pochette S.F. propose un voyage en musique interstellaire. Il s’ouvre avec Pulsar dont l’intro prend la forme d’un décollage. Nous voici en apesanteur à la rencontre d’un solo de synthétiseur envoûtant. Parmi les titres saisissants il y a Trigger, instrumental hypnotique, mais aussi Goodbye, titre ouaté où l’on retrouve le compagnon Sébastien Tellier dans son élément. Zénith, archétype de la ballade électro magnifiquement orchestrée, nous absorbe dans un vortex synthétique d’où nous appelle la voix de Prudence, délicatement filtrée par un vocoder. Si Kavinsky nous a mis sur orbite avec Reborn, l’atterrissage a lieu avec le voluptueux Horizon.
A côté de sa carrière de musicien, Kavinsky a également fait l’acteur chez notamment Quentin Dupieux (Nonfilm, puis Steak), mais aussi pour Aaltra de Benoît Délépine et Gustave Kervern en 2003.





