Carte blanche à Jeanne Macaigne
A l’occasion de son exposition Sirènes, que vous pouvez découvrir au Centre d’art Les Eglises, et du festival Chelles en Bulles, l’artiste Jeanne Macaigne a bien voulu répondre à nos questions et partager ses coups de cœur.

Vous allez rencontrer nos usagers à l’occasion du festival Chelles en bulles. Quel est votre rapport à la bande dessinée ?
J’entretiens un rapport assez étroit avec la bande dessinée depuis mon enfance. La collection des Marion Duval d’Yvan Pommaux était un univers que j’aimais particulièrement retrouver. Son père journaliste l’entraînait toujours dans des enquêtes farfelues. On y percevait toute la bizarrerie du monde des adultes à hauteur d’enfant.
Yvan Pommaux explore aussi le rapport père-fille, assez rarement abordé en littérature jeunesse, avec ce père souvent un peu à côté de ses pompes. Ses récits sont truffés de références culturelles intéressantes et la psychologie de ses personnages est fouillée. Il aime introduire le merveilleux dans le réel, avec beaucoup de finesse comme dans Angelot du lac, une de mes BD jeunesse favorites.
Les Gotlib me faisaient beaucoup rire. Rubrique-à-brac, cette série de bande dessinée humoristique publiée à partir de 1968 dans le magazine Pilote, était incroyablement inventive. Astérix, Gaston Lagaffe, Picsou, Calvin et Hobbes, Mafalda… J’ai commencé à lire les images en même temps que les textes. La bande dessinée est un territoire d’une liberté incroyable.
J’ai d’ailleurs l’impression d’avoir toujours fait de la bande dessinée, même dans mes albums, en cherchant des formes hybrides pour raconter mes histoires.
Foisonnement et sens du détail sont des qualités qui ressortent quand on lit vos ouvrages. On a une sensation que vous jouez sur le rapport d’immensément grand et d’immensément petit.
Je dessine mes pages comme de grands corps vivants, reliés les uns aux autres, qui emmènent le lecteur dans un monde sensoriel. Le rapport entre l’immensément grand et l’immensément petit jalonne un peu nos vies.
Par les détails, j’installe plusieurs niveaux de lecture dans mes livres. Le lecteur peut se promener entre les différents motifs et nuancer son point de vue au fil des pages. Ces éléments me permettent aussi sans doute de créer des passages entre les mondes réels et les mondes imaginaires. Je les dessine en pensant aux tiroirs qu’abrite l’histoire principale de mon livre, ce sont de petites cellules qui communiquent les unes avec les autres par des sortes de passages émotionnels.
Dans votre œuvre, on sent un attachement à la nature, au végétal, à l’eau. Pouvez-vous nous en parler ?
Tous mes livres sont très liés à ces éléments. J’essaie de les rendre vivants et de faire émerger l’idée, très présente dans mon travail, que nous faisons tous partie d’un grand et même monde. Peut-être est-ce aussi une manière de rappeler l’urgence de contempler notre environnement, de prendre le temps d’observer et de discuter avec les autres pour mieux les comprendre.
La philosophe Estelle Zhong Mengual dans son livre Apprendre à voir propose un exercice que je trouve très intéressant : prendre un brin d’herbe et demander à un enfant de lui poser une vingtaine de questions. Cette pratique amène l’individu à regarder véritablement ce qui est devant lui, à s’y intéresser.
Bien sûr l’eau est également très présente dans mon travail. Je côtoie la mer Méditerranée chaque année et, à chaque fois, elle change un peu plus. Les algues modulent le rivage au fil des saisons, les poissons évoluent, les roches elles-mêmes se déplacent parfois avec les mouvements de l’eau, les courants, les tempêtes. On retrouve le même lieu, avec le temps qui passe et j’aime cette forme d’immuabilité qui, imperceptiblement, change comme si on retrouvait une part de nous dans un paysage qu’on a toujours connu.
Avec le réchauffement climatique, on sait que des pans entiers de la biodiversité s’effondrent, et comme nous sommes tous reliés entre nous, nous avons le sentiment de perdre une part de nous-mêmes, et donc de notre sensibilité au monde. Par un travail de mémoire, de convocation des sensations oubliées, j’essaie de me ré-ancrer, de retrouver à travers mes livres ces liens qui nous lient à notre environnement.
Le vivre ensemble, l’acceptation des différences, cela vibre dans vos ouvrages. Vous éprouvez un besoin de porter ce message ?
L’album jeunesse est un livre engagé : c’est souvent le premier accès d’un enfant à la littérature. C’est une grande responsabilité que de s’adresser à de si jeunes yeux.
Souvent, ce sont aussi des membres de la famille qui lisent un album à un jeune enfant. Tout est donc affaire de partage, d’empathie, de liens entre les générations. C’est vers cet équilibre que j’essaie de tendre.
Le voyage, la traversée, la transformation, les saisons sont aussi des thèmes que l’on retrouve à travers votre travail.
Le cycle, le mouvement, la transformation poussent mes personnages à vivre différentes aventures, à la fois intérieures et extérieures. Ce sont des motifs qui me permettent de parler de ce qui change autour de nous, mais aussi de ce qui se transforme en nous. Cette semaine nous avons vécu l’équinoxe, la lumière a chuté, le froid est arrivé, la lumière du ciel est devenue presque métallique. On sent l’automne venir. Ces événements préparent le corps et l’esprit à cette autre saison intérieure et extérieure.
Dans vos livres, on apprécie les jeux avec les mots, les expressions, l’attachement à la poésie. Pour tenter un pont avec votre travail d’illustratrice, on pourrait dire que vous portez un grand soin au texte, à sa couleur, sa sonorité, son assemblage…
Le texte et l’image sont deux langages qui communiquent, comme des jumeaux indissociables. Le dessin est déjà une affaire d’écriture : il passe par des symboles, des manières de représenter le monde, certains codes.
Dans mes pages, le texte est souvent court pour laisser l’imagination du lecteur se perdre dans les images. J’essaie de le sculpter, de l’affiner, de le rendre très évocateur avec peu de mots.
À partir du moment où j’ai commencé à inventer des histoires, très vite, les mots sont passés dans les dessins. Dans mes doubles pages, il peut y avoir des cases, des séquences ou au contraire une seule grande image : tout dépend, assez instinctivement, des actions que j’ai besoin de séquencer ou de déployer.
Les médiathèques sont des lieux pluriels où l’on peut emprunter de nombreux documents. Avez-vous quelques conseils à nous donner ?
Voici quelques livres, œuvres et films qui m’accompagnent ou qui ont compté pour moi :
Littérature
• Le pays où l’on n’arrive jamais, André Dhôtel
• La bâtarde d’Istanbul, Elif Shafak
• Tout ce que j’aimais, Siri Hustvedt
• Tunnels, Rutu Modan
• Préliminaires pour un verger futur, Karim Kattan
• Borka : les aventures d’une oie sans plumes, John Burningham
• La soupe à la souris, Arnold Lobel
• Le regard perdu, Baptiste Morizot
• Apprendre à voir, Estelle Zhong Mengual
Arts
• Odilon Redon, notamment Le Cyclope
• Jacqueline Duhême, notamment Grain-d’Aile
• Madge Gill, pour l’ensemble de son œuvre
• Edward Gorey, notamment L’Invité douteux
• Geogia O'Keeffe
• Maurice Denis
• Aldolf Wölfli
• Pierre Bonnard
• Tina Modotti
Cinéma
• Two Lovers, et We Own the night de James Gray
• Les Aventures du baron de Münchausen, Terry Gilliam
• Nos meilleures années, Marco Tullio Giordana
• L’aventure de Madame Muir de Joseph L. Mankiewic
• La chèvre de Francis Veber
• Brazil de Terry Gilliam
• Les climats de Nuri Bilge Ceylan
• Tout feu tout flamme de Jean-Paul Rappeneau
• Tous les films de Jacques Demy
• La Belle et la Bête de Jean Cocteau
Retrouvez ci-dessous les choix de Jeanne Macaigne disponibles dans vos médiathèques.
Les choix littéraires de Jeanne Macaigne
- A l'égal d'un Baptiste Morizot alliant, sur le terrain, la philosophie et les sciences naturelles pour en dégager de nouvelles manières d'être vivant, Estelle Zhong-Mengual oeuvre à hybrider l'histoire de l'art et les savoirs naturalistes les plus contemporains. Apprendre à voir est un livre érudit mais toujours accessible, passionnant, intimiste lorsque l'autrice partage ses émotions devant une fleur ou une mésange, un guide qui brouille les frontières entre musées et forêts, un vadémécum à avoir toujours avec soi pour renouveler notre lien à l'art et à la nature, raviver notre émerveillement et intensifier notre présence au monde.
- À la fin des années 1990, chez les Kazanci, famille turque d'Istanbul, les femmes sont de grandes amoureuses, tandis que les hommes ne vivent pas vieux. Chez les Tchakhmakhchian, installés à San Francisco, Rose abandonne son époux et se remarie avec un Turc. Armanouch, sa fille, se rend à Istanbul et rencontre Asya, la plus jeune des Kazanci, la bâtarde. Peu à peu des secrets se révèlent.
- " la belette mit la souris dans une marmite. - eh, doucement, dit la souris. cette soupe n'aura pas bon goût, il y manque des histoires. il faut des histoires pour que la soupe soit vraiment bonne. - d'accord, dit la belette, mais fais vite car j'ai grand faim. - eh bien, annonça la souris, voici quatre histoires à mettre dans la marmite... " et c'est ainsi qu'une petite souris qui, fort heureusement, aimait les livres se mit à raconter des histoires pour gagner du temps et tenter d'échapper au mauvais sort que lui réservait une belette. un livre pour les enfants qui aiment déjà lire tout seuls.
- Dans quel monde jeu suis tombé ? Moi, que ma tante vouait à la routine, j'ai été emporté par un cheval pie, envoyé ici par un coiffeur baroque, et voilà que je joue aux dames avec le fils d'un collectionneur de moustaches de chat, qui est immensément riche. Ainsi, dans ce monde nouveau pour Gaspard, il y avait des choses terribles et bizarres, certainement.
- Des archéologues israéliens et des passeurs clandestins palestiniens percent le sol de la Terre sainte chacun de leur côté du Mur. Les deux équipes se rencontreront à la croisée des tunnels dans un récit politicoburlesque orchestré par Rutu Modan.
Les choix artistiques de Jeanne Macaigne
- Vingt-six mots pour découvrir un peintre qui aimait les enfants et la couleur.
- Présente l'oeuvre sur papier de Pierre Bonnard et analyse toutes les techniques employées par l'artiste : crayon, sanguine, aquarelle, gouache. Cet ouvrage, qui réunit des oeuvres pour la plupart inédites, est publié à l'occasion d'une exposition présentée en novembre et décembre 2003 à la galerie Cazeau-Bernardis.
- Invite les enfants à découvrir l'artiste Pierre Bonnard (1867-1947 peintre qui fit partie des Nabis, groupe fondé à Paris en 1888. Evoque la vie, l'oeuvre, l'univers artistique et l'environnement culturel de l'artiste.
- Publié à l'occasion d'une exposition organisée d'octobre 2007 à janvier 2008, l'ouvrage présente la collection de dessins d'Odilon Redon du Musée d'Orsay conservée au département des arts graphiques du Musée du Louvre. Les oeuvres se fondent sur l'interprétation des mythes classiques et orientaux et mêlent l'étrange et le grotesque.
- Le Centre Pompidou rend hommage à l'immense artiste américaine, Georgia O'Keeffe (1887-1986). À ses débuts de jeune peintre, elle cherche sa voie, jusqu'à la première révélation : Amarillo, Texas. De 1912 à 1918, elle y vit et y enseigne. Comme peu d'autres peintres alors, elle s'engage dans le défi de l'abstraction... Puis, c'est la rencontre avec, celui qui deviendra son époux, le photographe Alfred Stieglitz. L'admiration réciproque de la peintre et du photographe conduit à leur union en 1923. Leur relation défraie la chronique dans les années 1920, avant d'écrire une page de l'histoire artistique des USA. O'Keeffe crée son propre univers artistique, oscillant habilement entre l'abstraction et la figuration. Sa production est foisonnante. Ses tableaux aux formes géométriques, aux lignes courbes souples, sensuelles et colorées frôlent avec l'abstraction. Ces œuvres se lisent tels des « paysages intérieurs », multiples modulations de ses états d'âmes. Beaux Arts Éditions revient sur le destin de cette artiste, qui s'était promis de devenir « la plus américaine des peintres ». Des fleurs aux coquillages, des canyons arides aux lits des rivières, O'Keeffe n'a cessé de traquer les formes qui témoignent « des métamorphoses du vivant et des cycles de la Nature ». Ses œuvres s'imprègnent d'un lyrisme intemporel, simplifiant la forme et les couleurs à l'extrême limite de la figuration.
- Afin de mettre en évidence l'influence de la photographie contemporaine sur l'oeuvre de la peintre américaine, 80 de ses oeuvres, provenant de musées américains et européens, sont associées à des clichés de photographes qu'elle a côtoyés.
- Les oeuvres de l'artiste américaine Georgia O'Keeffe sont une ode à la couleur et à la sensualité secrète. Ses tableaux de fleurs en grand format lui ont valu une position particulière sur la scène artistique qui la situent entre le réalisme et l'abstraction.
- L'art en jeu : une série de livres pour faire découvrir l'art des XXe et XXIe siècles aux enfants. Au fil des pages, une oeuvre du Centre Pompidou se révèle à travers le déroulement des images, des questions, des surprises graphiques, des jeux... Une invitation à regarder de manière ludique l'art d'aujourd'hui. L artiste Georgia O'Keeffe manie son pinceau telle une cheffe d'orchestre pour exprimer la beauté de la nature. Paysage et motifs deviennent abstraits comme la musique. Son tableau Stries rouge, jaune et noir entraîne tous nos sens dans un concert de couleurs et d'émotions.
- Biographie de la peintre américaine ayant par son engagement artistique prôné la liberté des femmes à une époque où leur indépendance était proscrite des normes sociales. Avec son mari, le photographe Alfred Stieglitz, ils ont vécu à travers les Etats-Unis et G. O'Keeffe a ainsi transformé les espaces et les objets rencontrés au fil de ses pérégrinations en chefs-d'oeuvre de ligne et de couleurs.
- Aujourd'hui considérée comme l'une des plus grandes artistes modernes, Georgia O'Keeffe est née en 1887 et a vécu 99 ans d'une vie faite d'art et de passion. Qui était cette artiste hors normes qui ne supportait pas qu'on parle d'elle en tant que "femme artiste" ? Comment parvint-elle à s'émanciper de tous les carcans, y compris amoureux, pour créer son propre langage, entre abstraction et réalité ?
- A l'occasion d'une exposition à la bibliothèque Forney, la vie et l'oeuvre de Jacqueline Duhême, grande figure de l'illustration du livre pour la jeunesse, dont la créativité s'exprime aussi bien à travers l'aquarelle, la peinture à l'huile, la gravure, la tapisserie, le format miniature, le décor de boîtes de gâteaux que l'art postal. Cette présentation est éclairée par des textes de ses proches.
- Quatre histoires de chiens tendres et émouvantes, écrites et illustrées par Jacqueline Duhême, célèbre imagière des poètes : "Louloute", "Le Noël de Folette", "Irma et Igor sur le France", "Nana fait des histoires".
- Véritable redécouverte de cet artiste à travers une grande rétrospective rassemblant une centaine de tableaux, ce qui au regard du grand nombre d'oeuvres peintes par cet artiste constitue une sélection particulièrement rigoureuse.
- Catalogue officiel de l'exposition Maurice Denis "Amour", au musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne du 12 février au 16 mai 2021, organisée en partenariat avec le musée d'Orsay. Artiste prolifique, lancé sa vie durant dans la quête idéaliste d'une refondation de la peinture moderne, Maurice Denis est une figure incontournable de l'art moderne au tournant du XXe siècle. L'ouvrage s'attache à retracer le parcours de Maurice Denis de la fin des années 1880 à la Première Guerre mondiale.
- Emigrée à San Francisco à l'âge de 17 ans, Tina Modotti y embrasse une carrière de comédienne avant de rencontrer le photographe Edward Weston. Elle s'installe alors à Mexico où elle côtoie les milieux intellectuels et artistiques. Tandis qu'elle se passionne pour la photographie, sa vie sentimentale prend un autre tournant : son nouvel amant, le révolutionnaire cubain Julio Antonio Mella, est assassiné sous ses yeux. Elle fait alors le choix de l'engagement politique et entame une vie d'errance qui la conduira de Berlin à Moscou, puis de Paris à l'Espagne en guerre... Dans un livre plein de bruit et de fureur, Gérard de Cortanze se penche sur ce destin et retrace le parcours libre et intense d'une femme exceptionnelle à la beauté ravageuse, perpétuellement partagée entre l'art et la vie.
- Artiste symboliste majeur, Odilon Redon (1840-1916) est aussi le peintre des extrêmes émotionnels et du pittoresque. Jusqu'en 1890 environ, il est uniquement réputé pour ses tableaux en noir et blanc. Ces Noirs, dessins au fusain ou lithographies sont composés d'une sombre palette et peuplés d'inquiétantes formes fantastiques. Peu à peu, l'artiste introduit dans son oeuvre des pastels colorés, s'accompagnant de nouveaux motifs plus légers. Les fleurs deviennent un thème récurrent. Les symboles de la mélancolie cèdent la place à des chevaux et des papillons virevoltants. Si l'harmonie et le lyrisme tardifs de Redon tranchent nettement avec sa mélancolie première, il garde pour principe directeur: placer le visible au service de l'invisible. à travers son imagerie onirique, ses textures somptueuses et son usage de la couleur, Redon a cherché à créer un équivalent pictural de sa propre psyché. De l'angoisse à la légèreté, il a avant tout été un artiste des états d'esprit, qui a beaucoup influencé le post-impressionnisme.
- Une exposition Odilon Redon aux Galeries nationales du Grand Palais à Paris du 23 mars au 20 juin 2011... C'est le peintre de l'art symboliste... Quand ses contemporains, Monet, Renoir ou Cézanne s'intéressent à la conquête de la lumière et à la nature, Odilon Redon revendique les droits de la vie intérieure... Langue : Fre, eng
- Pour accompagner la grande rétrospective consacrée à Odilon Redon (1840-1916 l'ouvrage présente les 200 oeuvres exposées et leurs légendes.
- Prince des rêves, Odilon Redon trace un chemin à part dans le monde de la peinture. Précurseur discret, il traverse les tragédies d'un monde qui s'abîme. Les métamorphoses de son univers ont séduit les plus grands : Corot. Fantin-Latour, Gauguin, Bonnard... Pourtant il est ailleurs et seules certaines amitiés précieuses, comme la fraternité qui le lie au poète Stéphane Mallarmé, lui permettent d'accepter sa singularité. Le mystère de son inspiration le place à la marge mais les symbolistes les expressionnistes ou les surréalistes l'admirent et sont fascinés par son imaginaire onirique. Jamais l'essence de sa vie intime ni ses doutes obsédants n'avaient été évoqués. Dans ce deuxième roman (après Les dénions de Jérôme Bosch), Alexandra Strauss, monteuse de films, dévoile la trame d'une existence émouvante et insaisissable. 2011 est l'année Redon : le Grand Palais lui consacre une exposition majeure et plusieurs de ses dessins apparaîtront au catalogue des plus grandes ventes internationales.
- A l'occasion d'une exposition au Grand Palais, une rétrospective consacrée au maître du symbolisme qui rassemble ses fusains, litographies, huiles et pastels.
- Solitaire, rêveur, discret, Odilon Redon (1840-1916) a passé une bonne partie de sa vie à contempler la fuite des nuages, à arpenter des sentiers sauvages, à cultiver les joies simples. Obstinément rebelle à toute école, à toute chapelle artistique, il revendique la vie intérieure et le monde du rêve quand son époque s'entiche de Naturalisme.Plus ses contemporains impressionnistes exaltent la lumière, plus il explore les ombres. A trente-cinq ans, il trouve sa première voie, ce sera le noir -fusain, gravure, lithographie. La couleur, il y entre à cinquante ans, il ne la quittera plus.Peintre et cinéaste, Michaël Gaumnitz tient Odilon Redon pour un des grands maîtres de la modernité. S'inspirant du journal tenu par l'artiste (publié après sa mort sous le titre A soi-même), son film est un hommage personnel qui fait entrer le spectateur autant dans la vie plutôt sage de l'artiste que dans le laboratoire mouvementé de son atelier.
- Cette peintre étatsunienne méconnue en France a développé une oeuvre picturale très originale focalisée sur le monde végétal et les fleurs en particulier. Un nouvel engouement pour son travail se fait jour, pour preuve le succès incroyable de l'exposition temporaire que le centre Pompidou lui consacre actuellement. L'exposition itinérante sera montrée ensuite à la fondation Beyeler, à Bâle. Dans la lignée de son remarqué Apprendre à voir, la philosophe de l'art et naturaliste Estelle Zhong Mengual explique comment et pourquoi ces oeuvres sont hautement novatrices et renouvellent profondément notre rapport aux plantes et, plus largement, au monde vivant.
- J. Duhême témoigne de ses souvenirs de travail dans l'atelier de l'artiste peintre Matisse à Cimiez, quelques années précédant sa disparition. Elle raconte l'expérience unique qu'elle a vécue et évoque des anecdotes et des rencontres avec Aragon, Colette et Picasso.
- Acteur majeur du mouvement nabi, Bonnard ne se limita pas à la peinture et toucha à divers domaines des arts graphiques (affiches, dessins, lithographies, etc.). Cette rétrospective, couvrant toutes les périodes de production de l'artiste, met en évidence les liens entre son oeuvre, faite d'aplats de couleurs vives exaltant la lumière, et le courant arcadien.
- Pour faire aimer et comprendre la peinture aux enfants.
- Bonnard occupe une position singulière dans l'histoire de l'art de la première moitié du XXe siècle, tantôt comme avenant à l'impressionnisme tantôt comme jalon d'une tendance abstraite de la couleur qui s'ancre dans la figuration, tout en invitant à regarder le monde non pas à travers les yeux du peintre mais ceux de la peinture (Peter Doig). A travers une sélection d'oeuvres des années nabis et parisiennes, des scènes de rue et d'intérieur, familiales ou plus intimes, avec notamment une séquence consacrée à sa compagne, Marthe, et jusqu'aux paysages du Cannet des années 1930-1940, est évoqué Bonnard, peintre voyageur autour de sa maison (Maurice Denis). Le peintre exprime ainsi son obsession de voir, voir vraiment dans une peinture portée jusqu'à l'équilibre instable, au brouillage et à la rupture avec le visible ordinaire, tandis que des figures fantomatiques habitent les fonds et les périphéries des tableaux, quand elles ne jouent pas les caméléons dans des taches et strates colorées d'une extraordinaire complexité.
- Pierre Bonnard, peintre de l'intime porté par l'obsession des paysages et des scènes d'intérieur, est l'un des grands maîtres de la peintue du XXe siècle. Comment Bonnard, cet homme secret, inquiet, au quotidien si confortablement réglé, est devenu cet incontestable peintre de lémotion, ce maître de la couleur et de la lumière poussées jusquà lincandescence ? A travers ses tableaux mais aussi ses carnets intimes, ses correspondances avec Matisse et Vuillard, ses clichés photographiques, ses lieux de vie peints et sublimés, le film nous plonge dans lunivers de ce maître de la couleur.
- Aujourd'hui encore, la vie et l'oeuvre de Tina Modotti exercent un pouvoir fascinant. Photographe, star du cinéma muet dans le Hollywood des années 1920, militante ardente, elle est l'incarnation d'une indomptable vitalité latine qui s'affirme à travers l'épreuve de l'exil : chassée d'Italie par la pauvreté, elle s'ouvre à la vocation artistique au contact des communautés italiennes de la diaspora de Californie, trouve un accomplissement éphémère en s'intégrant à la culture foisonnante du Mexique post-révolutionnaire, et finit par se dépasser au service d'une Espagne républicaine vouée à la défaite. Tour à tour muse, amie, amante, elle va croiser quelques-unes des grandes figures qui ont illuminé la première moitié du XXe siècle de leur art, de leur passion et de leurs oeuvres : Diego Rivera, Vladimir Maïakovski, B. Traven, Edward Weston, John Dos Passos, Augusto Cesar Sandino, Alexandra Kollontaï, Frida Kahlo... Tableau d'une époque, cette biographie est également le portrait d'une femme d'exception.
- Tina Modotti fut une pionnière parmi les rares femmes photographes des années 20. Après avoir étudié avec Edward Weston, elle développa rapidement un talent remarquable. Liée aux principaux mouvements artistiques et politiques du XXe siècle, elle exerça une grande influence sur les photographes mexicains de la génération suivante, tels Manuel Alvarez Bravo et Graciela Iturbide.
- Façonné par son activisme militant et son mode de vie nomade qui la mène de son Italie natale à la Russie, le parcours incandescent de Tina Modotti (1896-1942) suscite la fascination. Essentiellement produite entre 1923 et 1930, son oeuvre frappe par son caractère fulgurant, de la photographie d'art de ses débuts à une approche plus personnelle tournée vers la dénonciation des conditions de vie des défavorisés. C'est au sein du Mexique postrévolutionnaire que se forgent tant sa conscience politique que le style particulier, à la fois sensible et critique, avec lequel elle saisit sur le vif les mouvements sociaux et les inégalités sans jamais négliger la qualité de la photographie.
- Illustratrice d'ouvrages pour la jeunesse, J. Duhême évoque dans cet album abondamment illustré ses souvenirs, étroitement liés à l'histoire littéraire et artistique du XXe siècle. Elle revient sur son enfance dans la librairie de sa mère à Suresnes, ses années de couvent en Grèce, la guerre, ses premiers petits boulots et ses relations avec les poètes et artistes de son temps. Electre 2015
Les choix cinématographiques de Jeanne Macaigne
- Le cauchemar sécrété par un monde fonctionnalisé à l'extrême.
- Lucy Muir, une jeune veuve, emmènage dans une maison sur la côte. Elle apprend vite que la maison est hantée par le fantôme du précédent propriétaire, le capitaine Gregg. Mais les efforts du capitaine pour la faire fuir sont vains et leur relation évolue. Quand Lucy se retrouve fauchée, le capitaine lui dicte un livre sur sa vie. Le succès du livre donne à Lucy plus que de l'argent car elle rencontre un homme...
- Marco et Irène vivent heureux. Marco dirige une auto-école, Irène un salon de coiffure. Souffrant d'étranges malaises, Marco consulte son médecin qui l'envoie chez un grand gynécologue. Celui-ci confirme que Marco est enceint de quatre mois.
- Pour sauver son père Belle se rend au château occupé par une bête monstrueuse.Tenue prisonnière, elle s'attendrit pourtant devant son geôlier, devinant la solitude et la tristesse qu'il cache sous une apparence terrifiante.
- La fille du grand PDG Bens est tellement malchanceuse qu'elle se fait enlever alors qu'elle est en vacances au Mexique. Pour la retrouver, son père engage le détective privé Campana qu'il associe à un gaffeur invétéré dans l'espoir qu'il le rapproche de sa fille...
- Jean Fournier, modeste employé de banque, est initié au jeu par son collègue Caron. Favorisé par la chance, il part pour Nice contre l'avis de son père. Il rencontre dans ce sanctuaire sa reine, une certaine Jackie dont il tombe immédiatement amoureux. Jackie n'est pas insensible au charme de Jean mais les ailes de leurs amours vont se brûler à la passion du jeu.
- New York, fin des années 80. Bobby est le jeune patron d'une boite de nuit branchée appartenant aux Russes. Avec l'explosion du trafic de drogue, la mafia russe étend son influence sur le monde de la nuit. Pour continuer son ascension, Bobby doit cacher ses liens avec sa famille. Seule sa petite amie Amada est au courant : le frère et le père de Bobby sont des membres éminents de la police new-yorkaise... Chaque jour, l'affrontement entre la mafia russe et la police est de plus en plus violent, et face aux menaces qui pèsent contre sa famille Bobby va devoir choisir son camp...
- Au moyen âge, un joueur de flute aux pouvoirs magiques réussit à débarrasser une petite ville de ses rats. Quand il voit que les autorités, malgré leur promesse, refusent de le payer, il entraîne, cette fois, au son de sa flûte, tous les enfants de la ville.
- L'illustration des sept péchés capitaux revue et corrigée par les jeunes réalisateurs français de la Nouvelle Vague. "L'avarice" de Claude Chabrol, "L'envie" d'Edouard Molinaro, "La gourmandise" de Philippe de Broca, "La luxure" de Jacques Demy, "La paresse" de Jean-Luc Godard, "L'orgueil" de Roger Vadim, "La colère" de Sylvain Dhomme et Max Douy.
- Le siècle des Lumières. Une ville s'apprête à succomber sous les assauts des Turcs. Seul le théâtre royal est encore debout où comédiens et machinistes s'échinent à donner un spectacle potable mais invariablement hué par les spectateurs. Ils présentent ce jour-la "Les Aventures du baron de Münchausen" quand au beau milieu d'une scène, un vieillard se lève et revendique l'identité du baron de Münchausen. Il propose alors aux habitants incrédules de chasser les Turcs. Pour ce faire, il leur demande de l'aider à retrouver ses quatre anciens compagnons d'aventures.
- L'homme est fait pour être heureux pour de simples raisons et malheureux pour des raisons encore plus simples - tout comme il est né pour de simples raisons et qu'il meurt pour des raisons plus simples encore... Isa et Bahar sont deux êtres seuls, entraînés par les climats changeants de leur vie intérieure, à la poursuite d'un bonheur qui ne leur appartient plus.
- A Rochefort, deux soeurs jumelles, Delphine et Solange, sont enchantées par l'organisation d'une kermesse où elles doivent danser dans un ballet. Toutes deux rêvent à l'amour qui se présente pour Solange sous les traits d'Andy Miller, un pianiste américain. Quand à Delphine, elle tombe sous le charme de Maxence, un marin.
- Madame Emery et sa fille Geneviève tiennent une boutique de parapluies. La jeune femme est amoureuse de Guy, un garagiste. Mais celui-ci part pour la guerre d'Algérie. Enceinte et poussée par sa mère, Geneviève épouse Roland, un riche bijoutier.
- Lola, danseuse de cabaret, élève un garçon dont le père, Michel, est parti depuis sept ans. Elle l'attend, elle chante, danse, et aime éventuellement les marins qui passent. Roland Cassard, un ami d'enfance retrouvé par hasard, devient très amoureux d'elle. Mais elle attend Michel.
- A la fin des années soixante en Italie, deux frères, Nicola et Matteo, partagent les mêmes rêves, les mêmes espoirs, les mêmes lectures et les mêmes amitiés. Leur rencontre avec Giorgia, une jeune fille fragile, détermine leur destin : Nicola décide de devenir psychiatre tandis que Matteo abandonne ses brillantes études pour entrer dans la police. Leur histoire et celle de leur famille s'inscrivent en parallèle avec les événements de l'Italie contemporaine : l'inondation de Florence, la lutte contre la mafia, les grands matches de football, les Brigades Rouges...
- Un roi, jouissant d'un grand prestige auprès de ses sujets et voisins, est marié à la plus belle et vertueuse des reines. Celle-ci, frappée par la maladie, lui fait promettre sur son lit de mort de ne prendre comme nouvelle épouse qu'une femme plus belle qu'elle, la raison d'Etat exigeant un descendant mâle.
- Un comédien de music-hall, Yves Montand, revient dans la ville de son adolescence, Marseille, pour préparer le show de sa prochaine tournée internationale. Toutes ses groupies sont en émoi, en particulier Marion, qui ne rêve que des feux de la rampe. Lui songe souvent à Mylène, son amour de jeunesse, qu'il a quitté pour monter à Paris.
- New York. Leonard hésite entre suivre son destin et épouser Sandra, la femme que ses parents lui ont choisi ou se rebeller et écouter ses sentiments pour sa nouvelle voisine, Michelle, belle et volage, dont il est tombé éperdument amoureux. Entre la raison et l'instinct, il va devoir faire le plus difficile des choix.