Born Bad Records
Promouvant à la fois des artistes récents comme La Femme, Tonnerre & Bikaye (salut Yoann !), Vincent Taeger & Le Jazz KamasutraNouvelle fenêtre, Born Bad Records renifle et déniche comme l'épagneul la truffe au sol pistant la bécasse, des vieux titres oubliés ou passés inaperçus alors.
Je me suis régalé dernièrement de leurs compils électro-Raï À moi la libertéNouvelle fenêtre ou encore Wizzz et ses titres psychédéliques pop français de la fin 60, ou encore un vieil album de Pierre Vassiliu aux accents délicieusement brésiliens.
Fort d'une petite quarantaine d'albums sur les médiathèques, je vous invite à piocher dedans si vous avez l'oreille curieuse et alerte.
It's a Bomb, par le groupe Tonnerre et Bikaye
Wizzz French Psychorama, 1966-1974 volume 4
No Mercy For Love, par le groupe Cannibale
Vous trouverez l'intégralité des disques possédés par les médiathèques sur le catalogue.
Et ci-dessous une petite sélection, entre nouveautés et rééditions.
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C'est à moi ça
La musique de Gwendoline en a rien à foutre. Elle a pas de projet. Elle tente rien, ils le répètent à qui veut lentendre, faut juste écouter. Chacun entendra ce quil veut dans Cest à moi, ça, nouvel album des deux brestois signés chez Born Bad. Daucuns voudraient quils soient Joy Division, Noir Boy George, Bruit noir, Ventre de biche, les bérus. Voudraient que leur wave soit cold, shlag, dark... mais cest pas leur problème. Les malentendus peuvent tuer dans ce métier, par pitié laissons ces deux-là tranquilles. Chanter la tise à ce point, cest plus la haine de soi qui guide leurs pas, cest culturel. Cest un acquis social, ils ont le droit de chier sur Rennes quand les costards en gyropode y ont piqué leurs bars préférés. Cest bien un truc dinclus de trouver quils sont déprimés, il suffit découter Le sang de papa et maman pour comprendre à quel puits artésien ils vont chercher le pastis croupi qui jaillit de ce disque. Il y a des chansons qui se laissent chanter, parce quil y a de la place pour nous dedans. Gwendoline calcule rien, si ça braille simple comme au foot, cest pas pour remplir des stades, cest parce que cest venu comme ça. Alors on gueule que nous aussi, on veut les retrouver au PMU à huit heures du matin, pour partir en retraite en mobylette, avec tous les copains. Leur hymne passé, tiré de Après cest gobelet, a quelques cousins dans lalbum, notamment Rock 2000 ou Pinata. Cest peut-être moins élaboré que lan 01 comme révolution, mais ça fera laffaire pour Pierre Barrett et Mickaël Olivette, deux-paumés magnifiques pour qui la fin du monde a commencé quand ils sont nés. Cest moins écrit que du Pascal Bouaziz, mais comme ils laffirment, écrire comme Baudelaire, ils en ont rien à foutre. Et puis fondamentalement : ils disent les termes. Ceux de la France Nutriscore Z comme Zemmour. Leur langue a le goût dun sous-bock humide et sent le micro fatigué de vivre dans le tiroir du comptoir dun bar-tabac. Ils prononcent les R comme pour cracher sur tout, parce que tout le mérite : Meetic, les clubs de vacances, la génération davant, celle daprès, la vie low-cost, les croquettes au poulet, la trash télé qui mange les cerveaux, les gens qui savent parler. Et eux-mêmes, sans doute, parce quils ont autre chose à faire quélaborer des plans socialement responsables dans leur disque. Et on a envie dêtre daccord, de pas choisir, de pas savoir. Ils comprennent pas pourquoi, après des années de loose, les gens formidables veulent faire des selfies avec eux, pourquoi dun coup, tous les soirs, cest la soirée de lannée. Et ça ne va pas saméliorer avec ce nouvel album pensé en duo à la maison, enregistré littéralement à la toute fin des choses, dans le Finistère. Les instrus sombres, radicales et sans chichis (Jake et Romain, guitare - claviers), y font la courte-échelle à Pierre et Micka, corps complémentaires pour dégueuler sur tout, avec un exceptionnel sens de la formule. Ils y sont pour rien si on les aime, et ça les fait déjà chier. On les aime parce que leur colère est juste. On a plus le luxe de la nuance quand tout a le goût du beurre doux qui a mal tourné. -
It's a bomb
La musique du congolais Bony Bikaye, il a longtemps fallu la chercher dans le purgatoire des "musiques du monde", lieu de tous les possibles, où les diamants bruts cohabitaient avec des cauchemars fades de blancs-becs qui congelaient la rumba façon poisson pané. Parfois, pêché plus subtil, ils la mettaient au menu alors que d'aucuns voulaient passer à autre chose. - - C'est le trio TONN3RR3 qui reprend le flambeau pour construire avec lui ce disque qui annonce la couleur fièrement : "It's a bomb". Pensé à la maison par Guillaume Gilles (compo/claviers), l'album a été fini au studio One Two Pass It, avec Olivier Viadero et Gaëlle Salomon aux percus, Yoann Dubaud (machines & basse) et Guillaume Loizillon (programmation synthés et entremetteur de cette affaire). C'est un disque profondément musical, joué par une équipe érudite mais qui n'a plus rien à prouver, ça s'entend. Sans attitude, le disque flotte bien au-dessus de la mêlée. - - On est prévenus : "keba na butu", méfie-toi. Gaffe, oui : au-delà des plaisirs simples du soukouss, ou du riff de guitare rumba qui tourne comme un manège qui passe plus le contrôle technique, c'est la luxuriance totale des arrangements qui frappe. -
Wizzz ! vol.4 : french psychorama 1966-1974
La saga Wizzz ! continue avec une nouvelle sélection de raretés 60's/70's, glanées dans les recoins inexplorés de la galaxie pop francophone. Stars, seconds couteaux et inconnu(e)s se côtoient dans ce volume acidulé. Partons en croisière sonore à travers la nuit étoilée des late sixties !