Episode 1 : Les années d’apprentissage et l’affirmation de soi
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Les débuts
Miles Davis est né le 26 mai 1926 à Alton, Illinois, dans un milieu musical. Sa mère, violoniste, est professeure de musique, sa sœur joue du piano. La famille déménage à East St. Louis, Illinois alors qu'il a un an. Habité dans cette ville, en face de St-Louis, Missouri, sera déterminant pour Miles.
Très jeune, il apprécie le blues, le gospel et le jazz qu’il écoute à la radio. En 1935, un ami de son père lui offre sa première trompette et il se met à prendre des cours. C’est à 13 ans qu’il intègre des orchestres de sa ville et, en 1941, désormais lycéen, il s’inscrit dans la fanfare de l’établissement qui est dirigée par son professeur de trompette, ami de son père et grand connaisseur de jazz. Bien qu’excellent élève, Miles ne reçoit pas les prix qu’il mérite et qui son attribués aux blancs.
Là se trouve l’origine de son travail acharné. Poussé par l’injustice vécue au lycée et par sa curiosité naturelle, le petit Davis va devenir peu à peu le grand musicien que l’on connaît. Son professeur l’encourage à intégrer le Rhumboogie Orchestra de Chicago dont Miles devient le directeur musical.
Miles rencontre le trompettiste Clark Terry qui est un ami de son professeur et devient son premier mentor. Il emmène le jeune disciple à Saint-Louis où celui-ci pourra jouer dans divers club et rencontrer de nombreux musiciens tels que Lester Young, Benny Carter, Roy Eldridge et Kenny Dorham. Il va rapidement se faire une belle réputation. En 1942, Miles est déjà un professionnel, membre de la Fédération américaine des musiciens. C’est à cette époque qu’il fréquente Irene Birth, une lycéenne avec qui il a son premier enfant.
En 1944, il Miles a terminé le lycée et s’apprête à intégrer l’université. Mais il se trouve qu’un groupe débarque à East St. Louis : le chanteur Billy Eckstine, accompagné de Charlie Parker, Dizzy Gillespie et Art Blakey. Entendre ces musiciens qui jouent ce que l’on appelle be-bop procure au jeune trompettiste un grande émotion. L’orchestre cherche un trompettiste pour remplacer Buddy Anderson et c’est Miles qui, acceptant la place, va vivre une expérience qui va changer sa vie. Il part avec le groupe jouer au très réputé Club Riviera de Saint Louis. Suite à cette tournée, il s’installe à New York, là où tout se passe.
L’apprentissage par le be-bop
Le voici donc à la Juilliard School où il apprend la théorie musicale et l’histoire de la musique occidentale. En parallèle, il fréquente les clubs pour y écouter entre autres son mentor Charlie Parker. C’est à cette période qu’il rencontre Coleman Hawkins, J. J. Johnson, Billie Holiday, Kenny Clarke, Thelonious Monk, Freddy Webster, Fats Navarro…. Il comprend alors que les orchestres classiques ne sont pas fait pour lui mais que sa voie est dans le jazz.
En avril 1945 Miles Davis entre en studio pour la première fois. Il entame une intense période où la musique tient toute la place dans sa vie. Il remplace Dizzy Gillespie au sein du quintette de Charlie Parker qu’il intègre pour deux années et avec qui il enchaîne les tournées. Le groupe enregistre le 26 novembre 1945 le titre Now’s the Time, une œuvre majeure dans un interprétation résolument moderne. Cette expérience est une véritable aubaine pour Davis qui, à 19 ans vit de l’intérieur le style be-bop.
En parallèle, alors qu’il vient d’avoir son deuxième enfant, Miles est engagé par les big band de Benny Carter et de Billy Ekstine. Il décline cependant l’offre de Duke Ellington afin de se consacrer à un nouveau projet. Il continue de jouer à New York avec Charlie Parker et enregistre pour Savoy, notamment le thème Donna Lee, que l’on attribue à Parker mais aussi à Davis.
La création d’un nonette et la naissance du Cool jazz
1948. Miles fait la connaissance de Gil Evans et de Gerry Mulligan qui œuvre au renouveau du jazz. En effet, la prédominance de la virtuosité dans le courant bebop commençait à peser pour nombre de musiciens qui désiraient ouvrir une autre voie. Evans a été séduit par le thème Donna Lee dont il veut faire un arrangement et Davis étudie les partitions de Gil. Chez Evans, dont l’appartement est une véritable lieu d'effervescence de la pensée musicale, Miles rencontre de nombreux musiciens.
C’est à cette époque que le trompettiste monte un nonette, ensemble faisant la part belle aux cuivres. Baisse de tempo, lyrisme, les caractéristiques de la musique de cette nouvelle formation sont affirmées. Miles Davis, qui a l’étoffe d’un leader charismatique, fédère autour de ce projet d’un genre nouveau. Le groupe se lance alors dans une série d’enregistrements pour le label Capitol. Ces sessions qui n’ont alors pas su trouver leur public, aboutiront en 1957 à la publication de la compilation Birth of the Cool. A partir de la naissance de ce nonette éphémère, un nouveau style est né, le cool jazz. Des musiciens tels que Jerry Mulligan, George Shearing, Chet Baker ou Dave Brubeck s’engouffrent alors dans la brèche.
